La pollution à Grenoble : démêler le vrai du faux

La pollution à Grenoble : démêler le vrai du faux

Grenoble : une cuvette sous un nuage de pollution… Ce portrait souvent dressé de la ville a de quoi inquiéter. L’air est-il vraiment irrespirable à Grenoble ? Pour autant, comme chacun sait, notre maire est écologiste. Alors, ce jugement alarmiste est-il un mythe ou une réalité ? Pour le savoir, le Dahu est parti à la chasse aux idées reçues pour démêler le vrai du faux…

 

LA SITUATION

  • « Grenoble est plus polluée aux particules fines que Paris » : VRAI

Ce constat est certes préoccupant, mais Grenoble n’est pas pour autant la ville française la plus polluée aux particules fines. Au risque de vous surprendre, c’est Marseille qui arrive en tête du classement, suivie, dans l’ordre, de Lille, Lyon, Nice, Grenoble, Lens-Douai et Paris selon une étude réalisée par l’institut de veille sanitaire en 2012. Mais il ne faut pas s’y méprendre, Paris reste la capitale en nombre d’entrepôts de déchets radioactifs. Au niveau européen, les villes françaises font figures de mauvaises élèves : seize d’entre elles (dont Grenoble) ne respectent pas les seuils limites de pollution fixés par l’Union Européenne pour les deux polluants considérés comme les plus critiques : les particules fines et le dioxyde de carbone.

  • « L’effet cuvette est responsable de la pollution à Grenoble » : VRAI ET FAUX

Pour être exact, l’effet cuvette n’est pas responsable de la pollution mais l’accentue. En effet, les particules fines ont tendance à s’accumuler au fond de la vallée et à former le fameux nuage bien connu des habitants. « La situation à Grenoble est sensible, avec des conditions de dispersion difficiles liées à son encaissement. Pour autant, la ville n’est pas particulièrement polluée. Elle est là où on l’attend compte tenu de sa taille et de sa population. Il n’y a pas d’effet “Grenoble” » insiste Camille Rieux, chef de projet à Air-Rhône Alpes, l’association régionale chargée par le ministère de l’Environnement de la qualité de l’air.

  • « La pollution vient essentiellement de l’industrie » : FAUX

Selon le site Gre-mag.fr, les émissions de dioxyde de carbone sont liées à 64% aux transports et à 21% à l’industrie. Concernant les particules fines, les principaux responsables sont à 51% le chauffage domestique au bois (une part qui peut augmenter à 70% en hiver), à 20% les déplacements et à 17% l’industrie. Dernier élément d’importance, toutes les concentrations de polluants recensées ne sont pas issues de l’agglomération elle-même, loin de là : plus du tiers des particules fines proviennent de l’extérieur de la région grenobloise.

  • « Grenoble est bonne élève en matière de lutte contre la pollution » : VRAI

Paradoxalement, Grenoble est à la fois une des villes les plus polluées de France mais aussi pionnière dans la lutte contre la pollution, combat cher au maire actuel écologiste. La ville fait de nombreux efforts pour lutter contre ce fléau qu’elle connait trop. L’agglomération grenobloise est la première à avoir fait évoluer son plan Climat en Plan Air Energie Climat en se dotant d’objectifs précis en matière de qualité de l’air. Elle met en œuvre des actions pour diminuer le trafic automobile en centre-ville notamment en développant les transports en communs et en favorisant l’intermodalité. Depuis l’été 2016 par exemple, les zones à 30 km/h ont été généralisées dans Grenoble et 13 communes de l’agglomération. Ces efforts ont permis de réduire de 18% en sept ans les émissions de CO2, contre une diminution en moyenne de 13% en France, ce qui fait de Grenoble une bonne élève.

Cependant, le Dahu ne veut pas en rester là : il s’est mis en chasse pour trouver des solutions et astuces pour aider les grenoblois à respirer un air plus sain.

LES SOLUTIONS

  •  « Il est possible de connaître le taux de pollution à Grenoble en direct » : VRAI

Connaître le taux de pollution en direct permet de décider si c’est le moment opportun pour sortir faire du sport, flâner dans le centre-ville, ou encore siroter un verre en terrasse de café. Eviter de sortir au moment des pics de pollution permet de préserver votre santé. Pour cela, deux bons plans :

– Télécharger l’application Plume qui donne le niveau de pollution en direct des grandes villes françaises

– Consulter le site d’Air Rhône-Alpes au sein du module « quel air dans ma commune ? » : vous accédez alors à la carte quotidienne de prévision de la qualité de l’air à Grenoble, le niveau d’indice Atmo (indice de la qualité de l’air) correspondant et les mesures prises en cas de pic de pollution.

  • « On ne peut pas éviter la pollution car il y a le même taux de pollution dans toute la ville » : FAUX

Et non, Grenoble n’est pas uniformément polluée ! Il s’agit donc d’éviter au maximum les zones les plus polluées lors de nos sorties citadines. Sont particulièrement touchées les zones jouxtant les axes fréquentés et le cœur de l’agglomération. « Le taux de pollution est deux fois plus élevé à Mistral qu’à La Villeneuve », fait remarquer Camille Rieux, chef de projet à Air Rhône-Alpes.

Pollution grenoble

Source : http://www.air-rhonealpes.fr/actualite/la-metropole-grenobloise-passe-30-kmh-quels-effets-sur-la-qualite-de-lair

 

  • « Il ne faut pas aérer car cela ferait rentrer de l’air pollué à l’intérieur » : FAUX

La qualité de l’air est généralement moins bonne à l’intérieur qu’à l’extérieur. En effet, d’après l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, on retrouve dans les locaux l’air extérieur auquel viennent s’ajouter les polluants spécifiques de l’air intérieur, comme les produits d’entretien, les acariens, les désodorisants, les moisissures… Comment éviter cette situation ? C’est simple, il faut renouveler l’air pour évacuer les odeurs et les polluants, d’éliminer l’excès d’humidité et assurer le bon fonctionnement des appareils à combustion. Même en cas de pic de pollution, aérer est tout de même utile pour diluer les polluants de l’air intérieur.

Pollution grenoble

Source : http://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-pratique-un-air-sain-chez-soi.pdf

  • « Les plantes dépolluantes sont efficaces pour assainir l’air » : FAUX

Les plantes dépolluantes pour épurer l’air intérieur font parler d’elles, mais en réalité leur efficacité n’est pas prouvée aujourd’hui. La présence de plantes dans un environnement clos pourrait avoir des effets bénéfiques intéressants (diminution du stress, amélioration du bien-être, meilleure productivité au travail…) sans qu’on puisse lier ces effets à une diminution de la pollution intérieure.

Maintenant, à vous de jouer pour mettre en pratique ces astuces !

Claire Maelstaf